Non, la terre n'est pas à vendre

Publié le par Gwen

« Le premier qui ayant enclos un terrain s'avisa de dire : Ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. Que de crimes, de guerres, de meurtres, que de misères et d'horreurs n'eût point épargnés au genre humain celui qui, arrachant les pieux ou comblant le fossé, eût crié à ses semblables : "Gardez-vous d'écouter cet imposteur ; vous êtes perdus si vous oubliez que les fruits sont à tous et que la terre n'est à personne!" » Rousseau, Discours sur l'origine de l'inégalité parmi les hommes.

 



Après ça, j'entends déjà les applaudissements dans les kibboutz. Mais non je ne veux pas collectiviser le Pays Fort ! Le pire des remembrements c'est le lopin de terre pour chacun. Non, c'est juste pour dire qu'à la rigueur on peut faire l'acquisition d'une surface de terrain à bâtir, mais afficher "à vendre" alors que cette terre nous survivra, quelle idée, vraiment.

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Publié dans Terrien t'es rien

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A
en tous cas, on n'a pas les memes problèmes avec les machines à laver, ça c'est sur...
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G
Je ne sais pas ce qu'en pense Nicolas Hublot maisn à mon avis c'est plus compliqué que ça en a l'air.
J
Je ne comprends pas trop le  distingo entre terrain à bâtir  ou non. Quand c'est un pauvre pré, c'est indécent de vouloir en tirer profit?  Va donc expliquer ça aux propriétaires de parcelles en AOC sancerre (150 000 euros l'hectare)... qu'ils feraient bien de s'assoir dessus, vu qu'ils ne sont, au fond,  que "locataires de la Terre", selon l'expression écolo consacrée.
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G
Ah mais je crois que je n'ai pas été claire du tout, ça m'apprendra à ne pas faire un brouillon avant. En fait je pense que le terrain de la photo est un terrain à bâtir. Je faisais un distingo entre le fait d'acquérir un droit, celui de faire construire et de profiter d'un bout de terrain, et la propriété au sens fort, chose qui en fait devrait rester à l'état de concept. Je conçois mieux la propriété à l'anglaise, pour 99 ans je crois, que la vente d'un bout de terrain. Au nom de quoi ? Et ces querelles à propos de l'emplacement d'une borne, et ces familles qui se déchirent... pour une maison à la rigueur d'accord, parce qu'elle peut avoir une âme, mais un terrain, c'est avant tout un emplacement, un droit d'être quelque part, peut-on céder cela ? En fait cette phrase de Rousseau que j'avais dû apprendre à l'école m'est revenue en voyant ce panneau et je la trouve toujours très juste. La valeur vénale n'est que la valeur de ce qu'on a le droit d'y faire dessus, y faire pousser la vigne par exemple. Si on rappelait aux "propriétaires" que c'est un droit limité dans le temps, on aurait moins de mal à gérer le foncier. Plus de spéculation, plus de crispation sur un lopin comme si c'était un morceau de chair... Bon, c'était l'utopie du soir, demain si vous le voulez bien nous nous attaquerons aux résidus de l'Ancien Régime (euh, au hasard, les notaires ?)