Superficiel et léger
Pour rentrer à la maison, il faut passer par le bois de Boucard qui est un lieu à la fois maléfique et enchanteur, selon le temps et l'humeur. Un morceau de Brocéliande à demeure. La nuit, le bois est habité de formes fantastiques qui se meuvent lentement et tentent d'égarer le promeneur ou l'automobiliste. Par temps de brume, les phares peinent à traverser l'humidité et les bords de la route disparaissent. Un tronc est coupé à mi hauteur, à chaque fois je me fais avoir et je crois voir une forme humaine. Parmi la faune qui le peuple, un blaireau me nargue car je n'ai jamais pu le photographier. Le bois est entretenu à la petite semaine, les coups de vent se chargent de la sélection naturelle, et parfois les birettes jouent au mikado. Et je ne parle pas des chevreuils qui traversent en famille, des pièges de la route étroite qui serpente comme un col de montagne. Une chouette hulule doucement. Tout ce petit monde est hors du temps, et je retrouve la civilisation en apercevant les panaches dans le lointain.
Ca me fait penser à la Mare au diable et tous ces récits où d'honnêtes gens s'égarent et perdent l'esprit dans la brume. Je ne comprends pas, abrutie de techniques modernes que je suis, comment on pouvait se repérer la nuit dans des chemins sans signes, sans peinture réfléchissante, sans bornes kilométriques, sans éclairage public, à pied ou à cheval. Ce que nous entendons comme de pittoresques bruits, hululements, croassements, feulements, craquements, étaient des signes que l'on savait interpréter. Aujourd'hui on trouve ça bucolique ou champêtre, ou encore poétique, pour masquer que l'on ne sait plus.

Au passage j'exhume d'anciens articles, ça ne peut pas leur faire du mal... Car au bout d'un an ou presque les mêmes visions se présentent à nouveau, les mêmes arbres dans les mêmes tenue, les mêmes paysages.
Ca me fait penser à la Mare au diable et tous ces récits où d'honnêtes gens s'égarent et perdent l'esprit dans la brume. Je ne comprends pas, abrutie de techniques modernes que je suis, comment on pouvait se repérer la nuit dans des chemins sans signes, sans peinture réfléchissante, sans bornes kilométriques, sans éclairage public, à pied ou à cheval. Ce que nous entendons comme de pittoresques bruits, hululements, croassements, feulements, craquements, étaient des signes que l'on savait interpréter. Aujourd'hui on trouve ça bucolique ou champêtre, ou encore poétique, pour masquer que l'on ne sait plus.

Au passage j'exhume d'anciens articles, ça ne peut pas leur faire du mal... Car au bout d'un an ou presque les mêmes visions se présentent à nouveau, les mêmes arbres dans les mêmes tenue, les mêmes paysages.
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