Potlach chevaizois
Un peu de sociologie sauvage…
Sans vouloir comparer la population chevaizoise à une tribu maori, on peut dire que nous pratiquons le don avec le même enthousiasme. Les surplus de production légumière ou fruitière sont proposés et acceptés sans espèce de formalisme, les choux sans chichis, les fraises à la bonne franquette, et les courgettes sans courbettes.
Ce n’est pas du troc, juste du don, ce qui enlève toute valeur vénale aux choses et renforce les liens sociaux comme on dit. Pour les anciens urbains que nous sommes, la plupart, la fierté d’avoir réussi à faire pousser tout ça est immense.
On trouve parfois sur le seuil de sa porte un petit cadeau, en réalité c’est une invitation à rompre la solitude. Ceux qui ne produisent rien de comestible rassemblent autour d’un verre, et l’un après l’autre on dévide la bobine, et comme ça, chopine après chopine, la bibine rabiboche. Ça paraît bêta mais c’est beau.
C’est sûrement comme ça partout, mais dans les lieux reculés ou isolés, comme en hiver lorsqu’il neige, on se sent ensemble, c’est tout.

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