Le Marquis de Tombelaine
Un Breton s'est rendu célèbre au siècle avant-dernier pour sa connaissance de la Baie et ses talents de pêcheur à pied, mais aussi sa grande capacité à avaler les productions des bouilleurs de cru locaux. Est-ce cette propension qui lui fut fatale un soir de 1898, alors qu'il connaissait la baie et ses sables mouvants comme sa poche ? Toujours est-il qu'il disparut tragiquement. Son existence reste attachée au rocher de Tombelaine, voisin et jumeau de celui sur lequel fut construit la Merveille.
On le voit sur l'unique photo connue de lui avec ses outils de pêcheur : la bichette, sorte de grand filet trapézoïdal qui sert à racler le sable à marée montante et dont on se sert toujours, le filet pour recueillir le fruit de ses pêches, la barbe de trois mois, les pieds épaissis par la marche sur les rochers, le pantalon relevé à la juste hauteur.
Je ne sais pas s'il existe quelque part une confrérie des marquis dont la noblesse ne fut ni de cape ni d'épée, mais en tout cas il faudrait introniser celui-ci, routard et poète.
Comment ne pas penser aussi à notre Marquis de Ch'vaize (voir l'homme de la maison bleue et la maison bleue adossée à la colline)...