Code mental
Visiter la centrale nucléaire, c'est déjà une expérience peu ordinaire. Accéder au coeur du réacteur (pendant un arrêt de tranche pour rechargement du combustible), je ne l'avais pas encore fait. Mais en compagnie d'un évêque, il faut reconnaître que c'est le comble du chic. Monseigneur a dû laisser aux vestiaires ses "bijoux" comme a dit l'accompagnatrice, pour enfiler combinaison, gants et chaussures spéciales. Un dosimètre dans la poche, nous accédons au saint des saints, la piscine bleue remplie d'eau borée où on remplace l'uranium qui a servi par le combustible neuf (les fameux crayons remplis de "gateau jaune"...) Pas de liturgie, mais un code mental à retenir par coeur. Nous psalmodions devant la piscine, génuflexion à chaque contrôle de dosimétrie, nous nous recueillons devant la turbine. Greenpeace nous avait pourtant rappelé que les voies de l'électricité ne sont pas impénétrables, nous voici convertis à un discours sécuritaire d'une foi inébranlable.
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