Lundi 1 janvier 2007
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Au menu, au choix, ballonnée à Bannay ou des sots-l’y-laisse aux Monts damnés
C’est une jeune donzelle qu’était née à Bannay
Sans talents pour l’étude, elle fut bientôt placée
Dans une ferme alentour, l’asnerie de Léré
Où d’une fort belle ânesse chaque an un bon âne naît.
Comme bergère en sabots elle n’était guère douée
Accumulant les torts, elle se fit renvoyer
Non pas désespérée, elle sut s’acoquiner
Avec un rustaud qui venait de Beaune. Un niais !
En désespoir de cause son père la confia
à un curé du coin, un homme de grande foi
Qui sut bien vite à son sacerdoce l’initier
C’était l’abbé Tarin ; on la dit « Bonne à nez ».
Il la mit vite au fait des choses de la chaire
Effeuillant son missel, ânonnant son bréviaire
À toute heure du jour récitant ses versets
On pouvait entendre la bonne ahaner.
Un beau jour cet abbé eut une promotion
Il fut muté évêque dans le Pas-de-Calais
Quittant son Cher natal il prit la décision
D’emmener avec lui sa bonne à Annay
Mais las ! chez les ch’timis prospéraient les impies
Ils désertaient la cure pour aller au bistrot
Et dirent à l’abbé que son prêche était de trop
« Oui, lassant t’es surtout avec ton homélie »
A la mort de l’abbé, la bonne vint en Berry
Finir auprès des siens le restant de ses jours
Sur sa tombe l’épitaphe nous dit bien sûr « ci-gît
La bonne Heursant, terrible bonne du curé »
Pour reposer les esprits embrumés par les festivités de fin d’année, je livre les emplacements où il faut particulièrement porter ce qui vous reste de clairvoyance : à la fin de chaque quatrain.
Sic