L'oie passe à l'as

Publié le par Gwen

(Suite de l’enquête sur la mort mystérieuse d’un lapin lupinvore)

Cet exercice inhabituel lui avait fait oublier l’enquête quelques instants. Mais l’arrivée soudaine de Poulette le replongea dans les affres. Il l’entendait caqueter dans un brouillard dont sortaient quelques mots.

« …une oie blanche… me suis débattue… m’a eue par derrière… rien pu faire… »

D’un coup il fut sur ses palmes. Poulette violentée ? Qu’allait dire le patron ? Dire qu’il avait juré qu’il s’occuperait d’elle comme de sa dernière couvée… parlons-en, d’ailleurs : douze pensions alimentaires pour une prise de bec…

« Dites, vous m’écoutez ?

- Mais oui, Poulette. Ce crime ne restera pas impuni. D’abord vous devez porter plainte.

- Mais de quoi vous parlez ? J’ai le signalement, nous devons immédiatement partir à sa recherche ! J’ai eu le temps de lui arracher des plumes, vous savez ! »

Très fière, Poulette exhibait son trophée et Canard comprit sa méprise. Elle s’était simplement battue avec une oie suspecte qui rôdait près de la scène du crime. Poulette l’avait surprise et interpellée, mais la garce avait réussi à s’échapper et était maintenant en cavale.

Ils passèrent les environs au peigne fin. L’enquête s’éternisait. Et puis, un jour, en patrouille, ils l’aperçurent qui marchait d’un air dégagé, au bord de la route. Elle les avait repérés et tentait de filer discrètement. Ni une ni deux, ils lui volèrent dans les plumes et la maîtrisèrent.

Après deux heures passées à la cuisiner, ils furent convaincus que ce n’était pas elle.

« Je vous jure que si j’avais pu, c’est moi qui l’aurais dézingué, ce salaud. Il me faisait cacarder. Tout ça parce que j’ai fait de la thune avec la vente de son clapier. Non, je voulais juste voir ses abâtis, pour être sûre qu’il était bien refroidi. Et lui cracher dessus… »

Elle avait un excellent alibi à l’heure du crime. On l’avait vue dans un bastringue danser avec une plume dans le croupion au milieu d’un parterre de coqs queers à hupette, tous prêts à moucharder. Mauvaise pioche, retour à la case départ, mais avec un atout dans la manche.

Le lapin, un maître chanteur ?
Ouais, une sale affaire, décidément.
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C
L'affaire n'est pas nette.Vivement la suite... je m'inpatiente !
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G
Ca vient, mais ce Canard est d'un lent !
B
coucou de Lucette
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G
Tiens, coucou Lucette, ça faisait longtemps !
L
 alors le corbeau de Chevaize serait le lapin ?
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G
C'est une piste...
A
je ne oie toujours pas ou tu veux en venir...
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G
Ah, t'oie...