A tout de suite !
Aujourd'hui, pendant que tout mon corps crie "mais pourquoi tu m'as fait ça ?", une aube nouvelle se lève sur le Pays Fort embrumé. Le soleil perce déjà, tandis qu'hier à la même
heure il fallait sonder le brouillard à la recherche d'une vague clarté pour s'orienter, le coupe coupe à la main. Les birettes en ricanent encore, en effaçant les traces de nos passages :
papiers gras, mégots et restes de fusées de détresse.
Non, je rigole.
On s'est juste tapé 20 km à travers des chemins qui croisaient et recroisaient sans cesse la route de Vailly, celle qui se fait en 5 minutes en voiture d'habitude, nargués par la silhouette du
château d'eau qui s'enfuyait devant nous. Agaçant. Heureusement qu'il y avait un ravitaillement tous les 8 kilomètres, d'ailleurs je ne suis pas sûre que le bilan énergétique total soit positif,
parce que je n'ai pas arrêté de me goinfrer.
Au départ on s'était inscrits pour le 200 km (la preuve en dessous), mais on ne serait pas rentrés à l'heure pour le match de rugby, et c'est à grand regret que nous nous sommes rabattus sur le
20.
A un moment du parcours, le chemin croise la route de Chevaize. Difficile choix : continuer tout droit comme l'indiquent les flèches, ou bien prendre à droite et s'avachir sur le canapé 2
minutes plus tard ? Ca fait à peine 5 km qu'on est partis, alors on ignore bravement la route (qui monte, en plus, alors que le chemin à flanc de colline est un joli faux plat qui chauffe les
cuisses).
Comme dans toute activité sportive, la compétition prend vite le dessus
sur le plaisir. Les 48 km doublent les 20 d'un pas élastique, les pieds maculés de boue, et ne s'attardent pas aux ravitaillements. Pour se venger, les 20 prennent un air fourbu mais joyeux en
rencontrant les 12 qui, eux, sont vraiment des touristes, et les 8, pire, des promeneurs du samedi. Ne pas les doubler serait déchoir, alors on serre les dents.
Et à l'arrivée à Vailly, à la salle des fêtes, qu'est-ce qui nous attend ? Une haie d'honneur, des applaudissements ? Ben non, une arrivée incognito, encore un ravitaillement, des remises de
récompenses aux clubs sportifs, la voiture enfin, fin de parcours... Encore quelques entraînements et le Bourges-Sancerre est pour nous.
"L’objet du présent cahier des charges est le branchement d’un particulier.
Le titulaire veillera à bien repérer les regards. Qu’importe si l’enduit est superficiel.
Le titulaire fera son affaire du réglage et compactage du fond de forme.
Si nécessaire, un piquetage sera effectué au préalable.
Une fois les bouches à clef remises à niveau, les joindre, si besoin est sur une couche de roulement.
Un raccordement à joints souples est préconisé.
L'opération se termine par un épuisement classique par pompage.
NB. La bouche avaloir ne fait pas partie des attributions du présent lot."
Sic